Alain RUFFION est né et a vécu son enfance en Suisse, ce qui laisse présager sa vocation pour l’éducation à la Paix et la psychologie. Il a bien hérité cependant des passions françaises pour la justice sociale et il s’est engagé depuis une trentaine d’années dans le fondement et les actions d’ONG notamment UNIS-CITE en 1993 pour l’engagement civique des jeunes et plus récemment ERANOS Institute en 2013 (Etudes Recherches Actions et Nouvelles Orientations Socio-éducatives) pour l’innovation dans l’éducation. Il a vécu par ailleurs de longs séjours en Afrique du Nord (Tunisie, Algérie, Maroc) ainsi que dans toute l’Europe, aux Etats-Unis et en  Australie, à chaque fois pour favoriser la compréhension et la communication interculturelle et se former à d’autres approches de la psychologie et de la pédagogie ainsi que pour contribuer à une culture et une éducation pour la Paix.

Alain Ruffion s’est investi depuis 1989, date symbolique s’il en est,  dans des associations d’Education Populaire (notamment la Ligue de l’Enseignement du Jura puis celle de Paris, l’association Médiateurs dans La Ville) dans des fonctions de journaliste pigiste puis de médiateur. Ses reportages ont valorisé la vie associative et la lutte contre le racisme et les préjugés. Il s’est aussi impliqué à la même époque dans plusieurs campagnes Européennes de lutte contre le racisme notamment Tous différents Tous égaux. Il a aussi participé à des séjours et des formations d’éducation interculturelle organisés par l’OFAJ (l’office Franco-Allemand pour la Jeunesse).Ce travail socio-éducatif de terrain à perduré par différents postes en collectivité (Chef de Projet Adjoint à la sécurité, Directeur de centre social) et par le soutien à de nombreuses associations de médiation interculturelle dans les quartiers populaires de la région parisienne. Il a contribué à la formation de plusieurs centaines de médiatrices dite femmes relais puis à la qualification des médiatrices et médiateurs du dispositif Adultes Relais.

A ce titre, il créa le premier centre de ressource dédié à la qualification et à l’insertion des médiateurs (Insertion Emploi Formation) à Marseille en 2007. Ce centre ressource, d’abord soutenu par le Préfet délégué à l’Egalité  de Marseille Pierre N’GAHANE, sera financé près de 7 années par l’Etat (CGET) entre 2008 et 2014, contribuant à la formation qualifiante de plus de 1000 médiatrices et médiateurs. Il a inspiré d’ailleurs la fondation du premier réseau national de médiateurs sociaux France Médiation. L’apogée de la formation des médiateurs de toutes la région PACA eu lieu en préfecture de Marseille en juillet 2012 lors d’une remise de diplômes en présence du Ministre de la Ville de l’époque François Lamy. Or la création du centre de ressource et de formation n’aurait pas été possible sans les multiples diplômes et formations engrangées par Alain Ruffion lors de longues années d’études.

Diplômé en Sciences Politiques en 2004, il eut la chance d’obtenir un Master en médiation Interculturelle et religieuse avec des professeurs illustres (Bruno Etienne et Raphael Draï en particulier) à l’IEP d’Aix en Provence. Ayant pris gout à la psychanalyse, il est par ailleurs devenu psychanalyste en 2014, après 5 années de séminaire et de didactique. Son leitmotiv est d’innover pour assurer justice et progrès social par le biais de la formation et de l’accompagnement psychologique des personnes. Il a d’ailleurs complété ces deux formations principales par plusieurs approches plus professionnelles dans les mêmes domaines. Il a été formé à la médiation sociale et interculturelle (Institut de Formation à la Médiation, Paris) puis à la socio-thérapie (Institut Charles Rojzman, Berne) puis est devenu Maître Praticien en Psychologie positive (avec Ilona Boniwell, Positran, Paris).

Son parcours a rencontré, en 2014,  la question des départs en Syrie et des processus de radicalisation depuis l’un de ces foyers les plus virulents  à Nice, sa ville de  résidence, et au sein d’un département pour lequel il œuvrait déjà au sein d’un organisme reconnu et soutenu par les autorités locales. Il sera référent associatif d’une des premières cellule préfectorale de traitement/suivi des personnes signalées pour radicalisation et lancera la première formation en France d’agents de l’Etat sur la question de la compréhension des processus de radicalisation en septembre 2014 en préfecture des Alpes Maritimes.

Il recrutera ensuite au niveau régional une équipe qualifiée pour mener à bien de multiples missions d’accompagnement et de formation sur le terrain difficile de la prévention des radicalisations. Ces recrutements furent pratiqués dans des conditions matérielles difficiles, précaires  et il fallut se battre sur tous les fronts en même temps (terrain, recherche, communication, gestion d’équipe) face à un monde politique à cran et à quelques journalistes volontairement suspicieux. Conscient de ses limites et qu’il serait plus utile dans l’écriture, la recherche et la pédagogie, ses passions originelles, Alain Ruffion, après un audit positif, léguera son organisation du moment dénommée Unismed dés 2016 au groupe SOS afin que ce dernier en assure la gestion et le développement et la transforme en organisme national. Au même moment, Alain Ruffion débutera un travail de thèse en Sciences de l’Education. En ayant vécu en 2016 l’ attentat de la Promenade des Anglais et participé à l’assistance psychologique des victimes, il a souhaité ardemment contribué à la création de  toute une ingénierie pédagogique pour former plusieurs milliers de professionnels et de parents sur la question de la détection, de la compréhension et de la prévention des extrémismes et des processus de  radicalisation. Conscient du manque de ressources méthodiques, stratégiques, pédagogiques des acteurs en charge de ce travail difficile de prévention des extrémismes, il a souhaité dès 2017 se consacrer pleinement à son travail de recherche universitaire centré sur la prévention en amont des extrémismes et publié son premier livre en mai 2018 « Méthodes d’intervention en prévention des radicalisations » sur ce sujet (en deux tomes, plus de 800 pages de ressources) et contribué à un rapport Européen sur le même thème pour le réseau PRACTICIES en juin 2018. Il est d’ailleurs impliqué dans plusieurs dispositifs européens Erasmus plus pour la formation des jeunes leaders contre les extrémismes : SALTO PLUS, YIEP, MY LIFE MY VOICE, BOUNCE UP résilience sur la période 2018-2020. Il créa d’ailleurs le programme innovant Dialogues existentiels et philosophiques avec la co-production de l’Université de East London, Professeur Aneta Tunariu, chef du département Psychologie, (membre de la Task force Internationale de lutte contre la radicalisation en Angleterre), et enfin à l’Université Anglia Ruskin à Cambridge, le Professeur  Ilona BONIWELL qui est directrice de POSITRAN, fondatrice du réseau européen de psychologie positive (ENPP), est membre dirigeant de l’Association Internationale de psychologie positive (IPPA).

Le programme Dialogues existentiels et philosophiques est une intervention de psychologie positive existentielle visant à prévenir le risque de radicalisation des jeunes. L’accent est mis sur le capital psychologique individuel comme atout social déterminant dans la réussite d’une prévention durable. Il s’agit :

  1. de déstabiliser les visions extrémistes, leurs croyances et leurs systèmes de valeur ;
  2. de fournir un cadre de questionnement philosophique permettant de réfléchir et produire des narrations et visions du monde différentes et socialement inclusives ;
  3. de reconnaître l’importance essentielle de conditions et facteurs psychologiques normaux dans le combat contre la propagande idéologique ;
  4. de créer des occasions d’améliorer la résilience individuelle, de promouvoir la réalisation de soi, de développer des outils existentiels et d’échafauder des perspectives positives pour le futur.

La philosophie du programme repose sur la recherche qui montre que lorsque l’on met l’accent sur le développement d’une identité positive, la mise en place d’habitudes de penser de manière réflexive et analytique et l’acquisition d’outils d’aide à l’épanouissement, cela permet d’augmenter la résistance des jeunes aux discours ou pressions qui font la promotion de systèmes de valeurs extrémistes. C’est une intervention psychoéducative en douze étapes basée par les apports des recherches menées sur les conditions et les signes annonciateurs de l’adoption par les jeunes de systèmes de croyances extrêmes ainsi que certains principes de philosophie existentielle, de psychologie positive ainsi que de counseling.

Son travail de thèse en sciences de l’Education (2016-2020) synthétise les travaux internationaux les plus importants issus des champs de la résilience, de la psychologie et de l’éducation positive pour l’épanouissement de la jeunesse et la prévention des extrémismes. Ce croisement de cette problématique et de ces ressources est le fruit d’un long cheminement qui débuta en 2013 pour la psychologie positive lors d’une qualification à l’Ecole Centrale de Paris avec Ilona Boniwell, une chercheuse d’origine Russe, de stature internationale et proche du fondateur Martin Seligman. En ce qui concerne la question des radicalisations, le réseau de médiateur locaux fit connaître des familles concernées par cette problématique et ce à la même époque dans une localité particulièrement virulent en la matière : Nice.

Alain Ruffion organisa les premiers Ateliers du Bien être à l’Ecole en 2015 à Nice en partenariat avec la Fabrique Spinoza (plus de 200 participants)  puis en 2016 le premier séminaire euro-méditerranéen de chercheurs sur les questions de radicalisation à Nice suivit en 2017 par deux grands colloques ; il organisa directement le colloque euro-méditerranéen  « réunir société civile, praticiens et chercheurs pour prévenir la radicalisation » (Villa Méditerranée, Marseille, 600 participants sur 3 jours)  puis contribua à l’organisation et  animera  un atelier du colloque de la Métropole de Nice et du Réseau Euro Med (Centre Universitaire Méditerranéen, Nice, 600 participants) et assista à la déclaration de Nice pour une action en faveur de la prévention de l’extrémisme violent et la sécurisation des villes en Europe et en Méditerranée.

Dans le même temps Alain Ruffion participa activement au congrès Francophone et Français de la Psychologie positive à Metz en mai 2019 et au congrès Européen de Psychologie positive à Budapest en juin 2018 tout en rencontrant le fondateur de la Psychologie Positive Martin Seligman à Paris en février 2019. Il participera également au sommet Mondial de Psychologie Positive à Melbourne en Australie en juillet 2019. Une rencontre est d’ailleurs prévue avec le temple mondial de l’éducation positive la Geelong Grammar School à Melbourne.

Fort de ce cheminent, Alain Ruffion est l’auteur de 2 ouvrages sur la prévention des radicalisations et l’éducation positive : les Orphelins de la République I (janvier 2019) et II (novembre 2019). Il souhaite, à partir de ces deux ouvrages, faire naître un grand élan collectif en faveur d’une éducation positive qui développe enfin, dans une approche transversale les intelligences multiples notamment l’intelligence du cœur (altruisme, engagement, solidarité, coopération), l’intelligence spirituelle (enracinement, alignement, sens, valeurs, transcendance, unité) en les savoirs être (confiance, bienveillance, endurance, résilience, optimisme)  et ce pour servir le plus grand chantier de tous les temps : bâtir une écologie environnementale et humaniste durable.